Marseille est fondée vers 600 av. J.-C. par des marins grecs venus de Phocée sous le nom de Massalia.
Devenue un comptoir prospère, puis intégrée au monde romain, la cité s’impose très tôt comme un carrefour entre la Gaule et la Méditerranée.
Cette vocation maritime, source de richesse et d’influences culturelles, l’expose aussi aux maladies qui circulent avec les hommes et les marchandises.
Au Moyen Âge, Marseille demeure un port actif tourné vers le Levant, notamment à l’époque des croisades.
Mais l’intensité des échanges favorise la propagation des grandes pandémies, en particulier la peste noire de 1348, qui décime la population.
Face à ces menaces récurrentes, les autorités mettent progressivement en place des mesures de contrôle des navires et des quarantaines.
À l’époque moderne, le port connaît un essor considérable grâce au commerce méditerranéen et colonial.
Cet âge d’or est brutalement interrompu par la grande peste de 1720.
Introduite par le navire marchand Le Grand Saint Antoine, l’épidémie fait des dizaines de milliers de morts et marque durablement la mémoire collective.
Elle conduit à un renforcement strict des règlements sanitaires et à l’organisation plus rigoureuse des lazarets.

Au XIXème siècle, avec l’industrialisation et l’expansion coloniale, Marseille devient la principale porte maritime de la France vers l’outre-mer.
La croissance démographique et l’intensification du trafic s’accompagnent de nouvelles vagues de choléra de 1835 à 1884.
Ces crises de santé publique accélèrent la modernisation de l’hygiène urbaine et des infrastructures portuaires.
À l’orée du XXème siècle, Marseille incarne à la fois la puissance commerciale française et les défis sanitaires d’un monde désormais mondialisé.
Lettres purifiées et documents en lien avec Marseille
- Règlements du bureau de santé de Marseille de l'An V
Ce document exceptionnel de 1797 décrit les protocoles de désinfection des lettres et marchandises au lazaret de Pomègues.
- Lettre maritime de Marseille purifiée à Gênes en 1849
Après 14 ans sans épidémie le choléra resurgit en France. Le Piémont-Sardaigne rétablit la purification du courrier y compris maritime.
- Lettre du consul de Sardaigne à Philadelphie via Gibraltar
Un courrier diplomatique américain de 1827 est soumis à la quarantaine à Marseille malgré l’absence d’épidémie aux USA.
- Lettre du consul français à Mahon purifiée au Perthus en 1821
Une épidémie de fièvre jaune aux Baléares conduit le diplomate à alerter les intendants de santé de Marseille.
- Patente de santé purifiée délivrée à Tunis en 1826
Ce document consulaire témoigne des stricts contrôles sanitaires imposés aux navires rejoignant la France depuis le Maghreb.
- Lettre purifiée de Marseille à Tunis de 1865
Le Maghreb désinfecta en 1865 le courrier français suspecté de choléra alors que ce fut l'inverse pendant deux siècles.
- Lettre de Bory de Saint Vincent de retour de l'expédition de Grèce
En quarantaine devant Toulon, ce naturaliste relate ses découvertes scientifiques durant l'intervention militaire française de 1828.
- Lettre de Marseille à Gênes purifiée au lazaret de Nice-Lympia
Ville-frontière sarde, Nice applique strictement, en 1832, les mesures sanitaires sur les courriers de France.
- Lettre du consul de France Pierre Deval sur la peste à Alger
Le diplomate, qui fut frappé à coup d'éventail par le Dey, informe Marseille de l'évolution de l'épidémie en Algérie en 1818.
- Entier postal des Indes Néerlandaises durant le choléra
En 1883, le choléra ravage toute l'Asie orientale. Batavia, désormais Jakarta en Indonésie, n'est pas épargnée.









