Patente de santé de Vintimille pour Amantea durant le choléra

Face au choléra, l’Italie rétablit, dès l’été 1884, quarantaines et patentes sanitaires à la frontière entre Menton et Vintimille.
Patente de santé adressée en recommandé au maire (sindaco) d'Amantea, munie du cachet VENTIMIGLIA STAZIONE du 10 octobre 1885.
Patente de santé adressée en recommandé au maire (sindaco) d'Amantea, munie du cachet VENTIMIGLIA STAZIONE du 10 octobre 1885.
Contenu de la patente mentionnant que le sieur Posterano provenant de Marseille, après avoir subi la visite médicale prévue par l'ordonnance du 5 août 1885, déclare se rendre à Amantea muni de la feuille de route sanitaire.
Contenu de la patente mentionnant que le sieur Posterano provenant de Marseille, après avoir subi la visite médicale prévue par l'ordonnance du 5 août 1885, déclare se rendre à Amantea muni de la feuille de route sanitaire.
Extrait des cartes topographiques en 2 feuilles des environs de Nice, Villefranche, Menton et Vintimille de 1860 établies par le Service Hydrographique de la Marine. Cette carte indique le lieu du lazaret de La Latta, marqué comme Piana di Laite dans la plaine au nord-ouest de Ventimiglia (source Gallica).
Extrait des cartes topographiques en 2 feuilles des environs de Nice, Villefranche, Menton et Vintimille de 1860 établies par le Service Hydrographique de la Marine. Cette carte indique le lieu du lazaret de La Latta, marqué comme Piana di Laite dans la plaine au nord-ouest de Ventimiglia (source Gallica).

Les patentes de santé un héritage médiéval.

Les patentes de santé visaient à attester qu’un voyageur provenait d’un lieu jugé sain, afin de limiter les risques de contagion.
Véritables passeports sanitaires, elles étaient exigées par les villes de destination, surtout en période d’épidémie. Elles ont été aussi appelées billets sanitaires ou, en italien, bollette. Les plus anciennes sont apparues dès le Moyen Âge.

À leur arrivée, les navires — encore plus surveillés que les voyageurs par voie terrestre — devaient impérativement présenter une patente de santé.
Une patente dite « nette » attestait l’absence de tout contact épidémique.
Par contre, une patente « suspecte » signalait un risque de contamination.
Quant à la patente appelée « brute », elle indiquait d’un port de provenance infecté avec certitude.
La durée de la quarantaine variait selon le type de patente et la longueur de la traversée, la notion d’incubation étant déjà prise en compte.

➝ Pour en savoir plus sur le rôle des patentes de santé et sur les autorités qui les délivraient, consulter la monographie intitulée La contagion des rumeurs. Information consulaire, santé et rivalité commerciale des ports francs (Livourne, Marseille et Gênes, 1670-1690), Guillaume Calafat, HAL 2016.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1884, 1885

Pays (noms actuels) : France, Italie

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France, Italie

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1881-1896

Précautions sanitaires et techniques de purification du courrier :
patente de santé

Lazarets : La Latta

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Montegrosso Pian Latte, Vintimille, Amantea

Bureaux postaux (noms d'époque) : Latte, La Latta, Vingtimille, Ventimiglia, Amantea

Tarif postal et taxes :
Lettre apparemment en franchise postale dont devait bénéficier le signataire, médecin dirigeant l'office sanitaire de confinement de Vingtimille.

Timbres, marques, oblitérations et cachets :
Envoi en recommandé avec cachet de départ de la gare de Vintimille VENTIMIGLIA STAZIONE du 10 octobre 1885, arrivé le 12 à Amantea (province de Cosenza en Calabre).

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay, spécialiste en lettres purifiées et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou bien envoyer un e-mail à lettres-purifiées@kelibia.eu