Lettre de Nice à Gênes purifiée durant le choléra de 1885

À la frontière franco-italienne, dès l’été 1884, un lazaret de fortune est établi en hâte à La Latta pour placer en quarantaine les français qui fuient vers l’Italie pour échapper au choléra réapparu en Espagne et en France.
Lettre du 2 septembre 1885, expédiée à Raffaele Bennati, négociant à Genova Italia, par COLAY & CONSO, commissionari in Vini, à Nizza. La lettre mettra moins de 24 heures pour parcourir 150 km en train et franchir un cordon sanitaire où elle a été incisée de 2 fentes presque verticales pour désinfection.
Lettre du 2 septembre 1885, expédiée à Raffaele Bennati, négociant à Genova Italia, par COLAY & CONSO, commissionari in Vini, à Nizza. La lettre mettra moins de 24 heures pour parcourir 150 km en train et franchir un cordon sanitaire où elle a été incisée de 2 fentes presque verticales pour désinfection.
Vue générale du campement des internés. Lazaret de la Latta. Gravure publiée par le journal l'Illustration le 26 juillet 1884 (source Gallica).
Vue générale du campement des internés. Lazaret de la Latta. Gravure publiée par le journal l’Illustration le 26 juillet 1884 (source Gallica).
Le camp des hommes au lazaret de la Latta. Gravure publiée par le journal  l'Écho du Nord du 8 août 1884.
Le camp des hommes au lazaret de la Latta. Gravure publiée par le journal l’Écho du Nord du 8 août 1884.
Soldats italiens contrôlant des voyageurs arrivant de France au pont Saint-Louis, près de Menton. Reconstitution graphique de Didier Lebouc d'après une gravure publiée par le journal  l'Écho du Nord du 8 août 1884.
Soldats italiens contrôlant des voyageurs arrivant de France au pont Saint-Louis, près de Menton. Reconstitution graphique de Didier Lebouc d’après une gravure publiée par le journal l’Écho du Nord du 8 août 1884.

La Latta près de Vingtimille: terminus tout le monde descend

Le journal l’Echo du Nord relate, dans son édition du 8 août 1884, le cordon sanitaire instauré par l’Italie pour prévenir l’entrée du choléra qui ravage Marseille et Toulon :
Les voyageurs qui arrivent au pont Saint-Louis sont peu nombreux.
La masse arrive par le chemin de fer et c’est un peu plus loin, entre Menton et Vingtimille, que l’on a établi un débarcadère et un lazaret provisoire où sont internés les arrivants.


➝ Pour en savoir un peu plus, se référer à la page Wikipedia consacrée au début de l’épidémie de choléra de 1884 à Marseille.

Des parades plus efficaces grâce à une meilleure compréhension du choléra

La vague épidémique, qualifiiée plus tard de cinquième pandémie de choléra, débute en France en 1884.
Nous sommes alors au coeur des grandes découvertes scientifiques sur les agents pathogènes, sous la houlette notamment du médecin allemand Robert Koch et du biologiste français Louis Pasteur.

Blabla
Robert Koch et son assistant Richard Pfeiffer analysant le bacille du choléra à Bombay en 1897. Reconstitution graphique de Didier Lebouc d’après une photo attribuée au capitaine C. Moss (source initiale Wellcome Collection - Wikimedia Commons)

En 1883, en Egypte alors ravagée par l’épidémie, Robert Koch, assisté de Georg Gaffky et Bernhard Fischer, identifie le vibrion cholérique, bacille responsable de la maladie.
En fait, cet agent microbien avait déjà été publié par l’italien Filippo Pacini en 1854, hélas sans aucune conséquence sanitaire.
Robert Koch prouve peu après le rôle des eaux usées dans la transmission de la maladie qui avait déjà été mis en évidence en 1855 par l’épidémiologiste anglais John Snow.
À la fin des années 1890, l’équipe de Koch investiguera à nouveau le choléra, cette fois à Bombay - Mumbai en Inde.

Ses travaux sur le choléra, ainsi que ceux sur le bacille du charbon et sur la tuberculose, valurent à Robert Koch un des premiers Prix Nobel de médecine en 1905.

Ces avancées biologiques commencent à transformer les politiques sanitaires.
Paris, doté de nouvelles infrastructures d’eau et d’assainissement issues des travaux d’Haussmann, est mieux armé face au choléra.
On y déplore toutefois 1 500 victimes en 1884-1885, un bilan sans commune mesure avec les 20 000 morts de 1832.
Marseille enregistre, pour sa part, environ 1 700 décès.

➝ Pour aller plus loin, se reporter :
à la page Wikipedia sur Robert Koch,
à un article de National Geographic sur Robert Koch,
à un récit de l’Agence Science-Presse sur la rivalité entre Robert Koch et Louis Pasteur,
à une synthèse sur l’élucidation du mode de propagation du choléra - Catherine Meillaud et Catherine Palmier - Académie de Lyon, 2021.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1883, 1884, 1885

Pays (noms actuels) : France, Italie

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France, Italie

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1881-1896

Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
incisions, chimique


Lieux de purification des lettres : La Latta

Lazarets ou lieux de quarantaine : La Latta

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Nice, Montegrosso Pian Latte, Vintimille, Gênes

Bureaux postaux (noms d'époque) : Nice, Nizza, Latte, La Latta, Vingtimille, Ventimiglia, Genova

Tarif postal et taxes :
Lettre affranchie à 25 centimes selon le tarif de l’UPU Union Postale Universelle de juin 1878, pour une lettre de moins de 15 grammes, quelle que soit la destination.

Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Timbres français de type Sage de 10 centimes et de 15 centimes. Cachet de départ NICE PLACE GARIBALDI 2 SEPT 1885, cachet d’arrivée GENOVA 2 9 85 8S.

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay spécialiste en lettres purifiées, philatélie et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou écrire à lettres@kelibia.eu
Toute prise de contact est, par avance, bienvenue : suggestion d'une précision, proposition de correction, souhait d'informations complémentaires, proposition d'échanges...