Lettre d'Athènes à Messine en 1873 avec timbres taxe


Une lettre rattrapée par la patrouille postale
L’expéditeur de cette lettre de Grèce en Sicile ne l’ayant pas affranchie avec des timbres grecs au départ, la poste italienne a appliqué le règlement en vigueur pour le courrier impayé.
Une mention manuscrite 12, pour 120 centesimi ou 12 décimes, a été inscrite à Messine le 8 novembre 1876.
Pour matérialiser cette perception, l’office postal a apposé deux timbres taxe appelés segnatasse de 60 centesimi.
Ces timbres spéciaux ont été introduits en Italie pour simplifier la comptabilité et la perception des taxes dues par les destinataires.
➝ Pour en savoir plus sur la poste et les timbres en Italie, se reporter à :
❧ la page Wikipédia sur l’origine et le rôle du timbre taxe,
❧ la page Wikipedia sur l’histoire philatélique et postale de l’Italie.
Messine hub commercial en Méditerranée
Le destinataire de la lettre, Francesco Fiorentino et Fils, était une maison de commerce établie à Messine en Sicile.
Vers 1870, Messine occupait une position stratégique pour les échanges maritimes en Méditerranée centrale. Ce port servait servait de plaque tournante pour les marchandises en provenance du Levant et de Grèce.
La ville entretenait des liens étroits avec Athènes pour l’importation de matières premières essentiellement agricoles.
Ce flux commercial restait cependant sous haute surveillance sanitaire.
Bien que postée à Athènes le 1er novembre 1873 selon calendrier grégorien, la lettre a été retardée par son passage au lazaret de Brindisi le 5 novembre.
Deux incisions de 40 mm pratiquées dans le papier témoignent de la purification chimique effectuée pour éviter toute contagion épidémique. Ce n’est qu’ensuite que le pli a pu poursuivre sa route vers Naples puis Messine qu’elle rejoint le 8 novembre.

De Brindisi à Naples, les lettres empruntaient le train en passant par Foggia.
Puis de Naples à Messine, le courrier était transporté par bateau à vapeur, un des « piroscafi postali » qui reliaient les 2 ports en moins de 12 heures.
Le trajet terrestre entre Naples et Messine n’était pas emprunté à cette époque, à cause du « brigandage », sorte d’insurrection larvée contre l’état central aux motivation simultanément politiques et mafieuses.
Extrait de la carte des chemins de fer de l’Italie publiée par MM. A. Chaix et Cie, Paris en 1870 (source Gallica).
Contexte sanitaire et épidémiologique
❧ Année : 1873
❧ Pays (noms actuels) : Grèce, Italie, Sicile
❧ Pays ou organisation postale (noms d'époque) : Grèce, Italie, Sicile
❧ Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra
❧ Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
incisions, chimique
❧ Lieux de purification des lettres : Brindisi
❧ Lazarets ou lieux de quarantaine : Brindisi
Philatélie, marcophilie et informations postales
❧ Bureaux postaux (noms actuels) : Athènes, Brindisi, Foggia, Naples, Messine
❧ Bureaux postaux (noms d'époque) : Athènes, Foggia, Brindisi, Napoli, Messine
❧ Tarif postal et taxes :
Lettre taxée à 120 centesimi à Messine par deux timbres taxe SEGNATASSE à 60 centesimi.
❧ Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Au recto : cachet commercial ovale GIORGIO P. SCUSE ATENE et cachet ΑΘΗΝAI 20 OKT 73 selon le calendrier julien, soit le 1er novembre selon le calendrier grégorien. À l’arrivée à Messine, une mention manuscrite de 12 décimes a été apposée et matérialisée par 2 timbres à 60 centesimi oblitérés avec le cachet MESSINA 8 NOV 73 4-S, pour la quatrième levée du soir ainsi qu’avec le cachet ovale de quartier 16.
Au verso : cachets de transit BRINDISI 5 NOV 73 et NAPOLI 6 NOV.
Contact et échanges
➝ Pour joindre Roland Goutay spécialiste en lettres purifiées, philatélie et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou écrire à lettres@kelibia.eu
Toute prise de contact est, par avance, bienvenue : suggestion d'une précision, proposition de correction, souhait d'informations complémentaires, proposition d'échanges...





