Lettre purifiée de Marseille à Tunis de 1865

Marseille, port ouvert sur la Méditerranée, s’est pris de plein fouet la quatrième pandémie de choléra. Conséquence sanitaire : le Maghreb désinfecta en 1865 le courrier européen.
Lettre de l'entreprise Raymond & Aglot à Marseille du 13 octobre 1865 pour Tunis, ayant transité par Philippeville et Bône en Algérie alors française, désormais respectivement Skikda et Annaba. Le trajet Phillippeville - Bône - Tunis a été réalisé par voie de mer avec rupture de charge à Bône.
Lettre de l'entreprise Raymond & Aglot à Marseille du 13 octobre 1865 pour Tunis, ayant transité par Philippeville et Bône en Algérie alors française, désormais respectivement Skikda et Annaba. Le trajet Phillippeville - Bône - Tunis a été réalisé par voie de mer avec rupture de charge à Bône.
Les 2 entailles de 30 mm pour la purification chimique sont rehaussées en rouge. La désinfection a probablement eu lieu à Philippeville car l'agent ayant apposé les cachets ne devait guère apprécier de manipuler des lettres potentiellement contagieuses. Une purification à Bône n'est pas complètement exclue.
Les 2 entailles de 30 mm pour la purification chimique sont rehaussées en rouge. La désinfection a probablement eu lieu à Philippeville car l'agent ayant apposé les cachets ne devait guère apprécier de manipuler des lettres potentiellement contagieuses. Une purification à Bône n'est pas complètement exclue.
Verso de la lettre avec cachets de transit à Philippeville le 15 octobre et à Bône le 19 octobre 1865 ainsi que le cachet d'arrivée au bureau postal français de Tunis le 20 octobre.
Verso de la lettre avec cachets de transit à Philippeville le 15 octobre et à Bône le 19 octobre 1865 ainsi que le cachet d'arrivée au bureau postal français de Tunis le 20 octobre.
Vue du port de Philippeville - Skikda en Algérie vers 1878, avec au milieu de l'image au bord du quai le batiment dit de « la santé » où la lettre a probablement été purifiée. Reconstitution graphique et colorisation de Didier Lebouc d'après une carte postale d'époque.
Vue du port de Philippeville - Skikda en Algérie vers 1878, avec au milieu de l'image au bord du quai le batiment dit de « la santé » où la lettre a probablement été purifiée. Reconstitution graphique et colorisation de Didier Lebouc d'après une carte postale d'époque.
Extrait de la carte de l'Algérie orientale et de la Tunisie réalisée par R. Hausermann pour le journal Le Français vers 1880. D'ouest en est, on retrouve le trajet maritime de la lettre : Philippeville, Bône, La Calle et La Goulette pour être transférée à Tunis (source Gallica).
Extrait de la carte de l'Algérie orientale et de la Tunisie réalisée par R. Hausermann pour le journal Le Français vers 1880. D'ouest en est, on retrouve le trajet maritime de la lettre : Philippeville, Bône, La Calle et La Goulette pour être transférée à Tunis (source Gallica).

Marseille en 1865 : un grand port méditerranéen frappé au cœur

À l’été 1865, Marseille est l’un des principaux foyers français de choléra, avec près de 2 000 décès recensés.
Le premier cas scientifiquement établi touche un ouvrier ayant travaillé sur un navire venu d’Alexandrie, révélant la vulnérabilité du port face aux circulations internationales. Malgré la crise, l’activité maritime et postale se maintient avec un contrôle sanitaire renforcé.

➝ Pour en savoir plus, se référer à la monographie consacrée aux épidémies à Marseille au XIXème siècle, Bertrand Mafart et Jacques Morillon, Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 1998.

Le Maghreb place la France sous surveillance

Relativement épargnées par l’épidémie de choléra sévissant en France métropolitaine, Algérie alors française et Régence ottomane de Tunis mettent en place des mesures sanitaires dans leurs ports vis à vis des personnes, du courrier et des marchandises.

Ainsi, cette lettre a été désinfectée chimiquement probablement à Phillippeville - Sikda ou, peut-être, à Bône - Annaba, deux ports algériens.
La Goulette, avant-port de Tunis, avait mis en place des précautions similaires pour les navires arrivant directement d’Europe.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1865

Pays (noms actuels) : France, Algérie, Tunisie

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France, Algérie, Tunisie, Empire ottoman

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1863-1875

Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
incisions, chimique


Lieux de purification des lettres : Philippeville, Bône

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Marseille, Skikda, Annaba, La Goulette, Tunis

Bureaux postaux (noms d'époque) : Marseille, Philippeville, Bône, La Goulette, Tunis

Tarif postal et taxes :
Lettre affranchie avec deux timbres Napoléon III à respectivement 10 centimes et 20 centimes, annulés du cachet Gros Chiffres 5055 à Philippeville, selon le tarif frontalier du 1er janvier 1850, applicable exclusivement aux lettres d’origine Marseille à destination de Tunis (tarif réduit par rapport aux 60 centimes pour des provenances françaises autres).

Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Au recto : deux timbres Napoléon III à respectivement 10 centimes et 20 centimes, cachet Marseille 13 octobre 1865 et cachet Gros Chiffres 5055 de Philippeville. Au verso : cachet de transit Philippeville du 15 octobre 1865, cachet de transit à Bône le 19 octobre 1865 et cachet d'arrivée au bureau postal français de Tunis le 20 octobre 1865.

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay spécialiste en lettres purifiées, philatélie et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou écrire à lettres@kelibia.eu