Lettre du Mexique purifiée au lazaret de Trompeloup en Gironde

Même sans épidémie déclarée à bord, les bateaux en provenance du Mexique pouvaient être soumis à quarantaine en raison de leurs escales ou de contacts de navire à navire.
Lettre de Tampico à Bordeaux du 19 mai 1840. Ce pli volumineux de 90 grammes porte la marque de l'office postal de Pauillac.
Lettre de Tampico à Bordeaux du 19 mai 1840. Ce pli volumineux de 90 grammes porte la marque de l'office postal de Pauillac.
L'entaille oblique de purification de 80 mm pratiquée pour la désinfection chimique au lazaret de Trompeloup est réhaussée en rouge.
L'entaille oblique de purification de 80 mm pratiquée pour la désinfection chimique au lazaret de Trompeloup est réhaussée en rouge.
En-tête de la lettre : « Tampico le 19 may 1840 ».
En-tête de la lettre : « Tampico le 19 may 1840 ».
Extrait du journal Le Mémorial Bordelais annonçant l'arrivée du navire L'Anselme ayant transporté cette lettre, le 21 juillet 1840 à la douane bordelaise (source Gallica).
Extrait du journal Le Mémorial Bordelais annonçant l'arrivée du navire L'Anselme ayant transporté cette lettre, le 21 juillet 1840 à la douane bordelaise (source Gallica).

Trompeloup le verrou sanitaire de Bordeaux

Le lazaret de Trompeloup, situé à Pauillac, était le passage obligé pour tout courrier maritime suspect avant son acheminement vers Bordeaux.
L’histoire locale rappelle que les contacts de navire à navire lors des escales étaient perçus comme des vecteurs potentiels de contagion.

Grâce au journal Le Mémorial Bordelais du 22 juillet 1840, on apprend que le navire l’Anselme - Anselmo était commandé par le capitaine Leguédenal.
Ce bâtiment transportait, pour le compte du courtier Petit, du bois jaune, de la salsepareille et du jalap du Mexique.
En incluant l’arrêt pour quarantaine à Trompeloup, la traversée de Tampico dans le Golfe du Mexique à Bordeaux a duré 2 mois.

➝ Pour en savoir plus, se reporter aux pages web :
la page Wikipedia consacrée à Pauillac,
la page Wikipedia dédiée à la salsepareille,
la page Wikipedia sur le jalap.

Une pièce de marcophilie aux dimensions hors normes

Ce pli se distingue dans le monde de la marcophilie par son poids exceptionnel de 90 grammes, entraînant une taxation de 31 décimes selon le tarif postal en vigueur.
L’objet a été soumis à une désinfection chimique profonde, matérialisée par une entaille de 80 mm permettant aux gaz purificateurs de neutraliser tout agent pathogène sans endommager le document.

L’analyse de cette lettre ancienne et de son cachet d’entrée OUTRE-MER PAUILLAC permet de retracer son parcours de l’estuaire jusqu’à l’arrivée finale.
Pour l’amateur de philatélie et d’histoire sanitaire, ce document illustre parfaitement la logistique déployée pour stopper la diffusion de maladies tout en assurant la continuité des échanges commerciaux.

➝ Pour aller plus loin sur le contexte maritime, se référer aux archives du journal le Mémorial Bordelais sur le site Gallica.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1840

Pays (noms actuels) : Mexique, France

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : Mexique, France

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : fièvre jaune

Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
incisions, chimique


Lieux de purification des lettres : Pauillac

Lazarets : Trompeloup

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Tampico, Pauillac, Bordeaux

Bureaux postaux (noms d'époque) : Tampico, Pauillac, Bordeaux

Tarif postal et taxes :
Lettre taxée à 31 décimes (mention manuscrite), 30 décimes pour le trajet Pauillac-Bordeaux selon le tarif postal du 1er janvier 1828, plus 1 décime de mer. Le poids de la lettre en grammes fait l'objet de la mention manuscrite 90.

Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Marque d'entrée OUTRE-MER PAUILLAC en rouge et dateur du 18 juillet 1840.

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay spécialiste en lettres purifiées, philatélie et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou écrire à lettres@kelibia.eu