Lettre de Paris à Bologne en 1835 purifiée 2 fois



Bologne se protège du choléra avec deux cordons sanitaires
En juillet 1832, pour faire face à l’épidémie en France et en Italie, les possessions papales, insuffisamment confiantes dans la protection Très-Haut, adoptent un règlement sanitaire strict.
La commission provinciale de la santé de Bologne fait installer deux lazarets, à Abbadia et à San Michele in Bosco.
Un double cordon sanitaire est mis en place pour les personnes et les marchandises venant de l’étranger.
Deux grands lazarets frontaliers complètent le dispositif, d’une part, à Cà di Scaricalasino (Monghidoro) pour le trafic en provenance de Toscane et, d’autre part, à Castelfranco pour celui en provenance de Modène par où la lettre a transité.
Ces mesures d’isolement et de quarantaine ne seront levées que fin 1835.
➝ Pour en savoir plus, se référer à l’article en italien mesures contre le choléra, publié par bologna.online.
La double purification pratique peu répandue mais règlementaire
La purification répétée d’une lettre, déjà désinfectée par un service sanitaire antérieur, peut sembler paradoxale car elle entraîne des retards, hantise des postes européennes.
Cette pratique ne relève pas d’un excès de zèle. Les offices de santé appliquent strictement les règlements et ne prennent aucun risque.
Lorsqu’une purification est prescrite, ici sur le cordon sanitaire de Castelfranco, elle est systématiquement effectuée, indépendamment d’éventuelles désinfections antérieures.
Par ailleurs, les correspondances entre grandes villes telles que Turin et Bologne circulaient généralement sous forme de dépêches closes, regroupées dans des sacs plombés afin d’éviter des tris successifs.
Lorsqu’un tel sac était ouvert dans un lazaret, l’ensemble des lettres qu’il contenait était purifié sans distinction, conformément aux prescriptions sanitaires en vigueur.
Contexte sanitaire et épidémiologique
❧ Année : 1835
❧ Pays (noms actuels) : France, Italie
❧ Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France, Royaume de Sardaigne, Piémont-Sardaigne, États Pontificaux
❧ Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1831-1837
❧ Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
incisions, vinaigre, chimique
❧ Lieux de purification des lettres : Le Pont-de-Beauvoisin, Bologne
❧ Lazarets ou lieux de quarantaine : Castelfranco
Philatélie, marcophilie et informations postales
❧ Bureaux postaux (noms actuels) : Paris, Boulogne-Billancourt, Pont-de-Beauvoisin, Bologne
❧ Bureaux postaux (noms d'époque) : Paris, Boulogne, Le Pont-de-Beauvoisin, Bologna
❧ Tarif postal et taxes :
Lettre taxée d’abord en décimes français, suite à une erreur de direction vers Boulogne en Seine-et-Oise (actuelle Boulogne-Billancourt, Hauts-de-Seine) au lieu de Bologne. La missive est ensuite taxée à 23 baiocchi à son arrivée dans les États Pontificaux.
❧ Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Au recto : cachets de départ du 31 janvier 1835 de Paris, cachet d’entrée PONT-BEAUVOISIN en Savoie alors dans le Royaume de Sardaigne, CF4R Corriere francese 4° rado - courrier français 4ème rayon en rouge, puis SEOF Stati Esteri Oltre Frontiera Bologna à l’arrivée dans les États Pontificaux, appelés aussi États de l’Église.
Contact et échanges
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