Lettre purifiée pour Gorizia ultime exil de Charles X

Ce pli affranchi par la Chambre des Pairs quitte Paris au plus fort du choléra de 1832.
À destination de l’Empire d’Autriche, il subit une double purification avant d’atteindre le palais Coronini Cronberg, ultime refuge du souverain français déchu.
Lettre de Paris de mai 1832 pour « Madame Madame La Comtesse Geroniat de Cronberg Dame de la Croix Etoilée à Goritz en Illyrie (états de L'Autriche) ».
Lettre de Paris de mai 1832 pour « Madame Madame La Comtesse Geroniat de Cronberg Dame de la Croix Etoilée à Goritz en Illyrie (états de L’Autriche) ».
Verso de la lettre portant le cachet de purification sanitaire ovale de Vénétie. Les traces de perforations effectuées avec un outil « rastel » à Trieste sont nettement visibles.
Verso de la lettre portant le cachet de purification sanitaire ovale de Vénétie. Les traces de perforations effectuées avec un outil « rastel » à Trieste sont nettement visibles.
Trajet reconstitué de la lettre sur la carte des Postes d’Europe de 1836 (source Gallica).
Trajet reconstitué de la lettre sur la carte des Postes d’Europe de 1836 (source Gallica).

Par temps de choléra, 2 purifications valent mieux qu’une

La lettre, écrite par le général Gabriel François de Sampigny d’Issancourt à sa belle-sœur la comtesse Sophie de Cromberg, quitte Paris le 18 mai 1832. Le choléra frappe alors durement la capitale française.
Pour pénétrer sur le territoire de l’empire autrichien, ce courrier postal est soumis à des mesures sanitaires strictes.

Il subit une première désinfection en Lombardo-Vénétie attestée par l’apposition d’un rarecachet ovale non répertorié par les experts en marcophilie NETTO DI FUORI SPORCA DI DENTRO (propre à l’extérieur, sale à l’intérieur).

La missive est ensuite purifiée une seconde fois à Trieste, entrée de ce qui, à l’époque, était l’Autriche proprement dite. Elle est perforée avec un outil « rastel » typique de ce port, avant de poursuivre sa route vers Gorizia.

Le palais Coronini-Cronberg dernière demeure du dernier roi de France

La destinataire de la lettre réside, avec son mari Michele Coronini-Cronberg, à Göritz - Görz, désormais Gorizia - Nova Gorica, bourgade alors autrichienne, désormais à la frontière entre les actuelles Italie et Slovénie.
Le palais Coronini-Cronberg, anciennement palazzo Grafenberg, sorte de grande villa italienne, a été acquis par cette famille en 1820.

L’ancien roi de France, déchu et exilé, Charles X, chassé du trône par la révolution dite des Trois Glorieuses en juillet 1830, y fut accueilli en octobre 1836 pour y vivre ses derniers instants.

Fuyant la progression de la pandémie de choléra en Europe centrale, il pensait que Gorizia était un refuge sur.
Chaleureusement reçu par le comte Ivan Coronini-Cronberg, père de Michele, Charles X est quand même rattrapé par le choléra qui le terrasse le 6 novembre 1836.
La lignée d’Hugues Capet, qui ne sut pas apprivoiser la modernité, s’éteint définitivement aux portes des Balkans.

Tombes de Charles X et de son fils Louis-Antoine d’Artois, duc d'Angoulême, alias Louis XIX au couvent de Kostanjevica, Nova Gorica, Slovénie (source originale : Ziga - Wikimedia Commons)
Tombes du dernier roi de France Charles X et de son fils Louis-Antoine d’Artois, duc d’Angoulême, alias Louis XIX, au couvent de Kostanjevica, Nova Gorica, Slovénie (source originale : Ziga - Wikimedia Commons).

➝ Pour aller plus loin, se reporter :
à la page Wikipédia consacrée à Charles X,
à la notice historique sur le lieu de sépulture des derniers Bourbons à Kostanjevica.
au site officiel de la Fondation Coronini à Gorizia

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1832

Pays (noms actuels) : France, Italie, Slovénie

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France, Empire d'Autriche

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1831-1837

Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
rastel, fumigation


Lieux de purification des lettres : Vénétie, Trieste

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Paris, Trieste, Gorizia, Nova Gorica

Bureaux postaux (noms d'époque) : Paris, Trieste, Göritz, Görz

Tarif postal et taxes :
Lettre affranchie à 60 décimes en port payé. Au dos, figure la mention manuscrite d’une taxe à 8 kreuzers.

Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Au recto : marques rouges « 60 P.P. » et « PORT PAYE DE LA CHAMBRE DES PAIRS », cacher de départ de Paris le 18 mai 1832. Au verso : rare cachet sanitaire ovale de Lombardo-Vénétie « NETTO DI FUORI SPORCA DI DENTRO » (littéralement propre à l’extérieur, sale à l’intérieur).

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay spécialiste en lettres purifiées, philatélie et marcophilie :
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