Lettre de Nîmes à Moûtiers de 1832 purifiée à Pont-de-Beauvoisin sur le cordon sanitaire
Pont-de-Beauvoisin : frontière physique, postale et sanitaire
Du transport du Dauphiné à la France en 1343 jusqu’au rattachement de la Savoie en 1860, la rivière Le Guiers a été la frontière entre la France en rive ouest et ses voisins savoyards puis piémontais et sardes, en rive est.
Assez naturellement, deux bourgades se sont développées autour du pont dit « de Beauvoisin » qui permettait le franchissement du Guiers.
Ces deux villages cousins se sont naturellement appelés « Pont de Beauvoisin » ou « Ponte Belvecino » en italien.
Subtilités toponymiques : le plus souvent le village français était nommé Le Pont de Beauvoisin et celui côté Savoie Pont Beauvoisin.
Le lit du Guiers est étroit dans la traversée de Pont-de-Beauvoisin, ce qui facilitait grandement la contrebande, notamment, au XVIIIème siècle, celle du fameux bandit Mandrin qui utilisait la Savoie comme base arrière.
Aujourd’hui encore, 2 municipalités françaises avec le même nom « Pont-de-Beauvoisin » coexistent, l’une en Isère sur l’ancienne rive française et l’autre dans le département de la Savoie.
Les nombreuses tentatives de fusion communales, depuis le début des années 2 000, ont toutes échouées sur les obstacles administratifs.
Au XIXème siècle, Pont-de-Beauvoisin était le principal lieu d’échange du courrier postal entre la France et le Royaume de Sardaigne.
Les lettres à destination ou venant de 64 départements du nord et du centre de la France transitaient par le pont sur le Guiers, comme l’atteste le cachet appliqué sur cette lettre.
Le courrier à destination des autres départements passait par Antibes.
Le courrier français à destination du Piémont-Sardaigne a été purifié durant l’épidémie de choléra entre avril et novembre 1832.
➝ Pour aller plus loin, se référer :
❧ à la page Wikipedia consacrée aux deux « Pont-de-Beauvoisin », respectivement en Isère et Savoie,
❧ à la monographie consacrée aux marques postales et la poste sarde dans l’arrondissement d’Annecy (1816 - 1860) - Wolfgang Martin - Amicale Philatélique d’Annecy - 2017,
❧ à la monographie sur la voie franco-sarde dans les relations postales internationales (1818-1851) - Robert Abensur - Bibliothèque de l’Académie de Philatélie.
Charles-Marie-Joseph Despine, ingénieur savoyard du Corps des Mines français au service du Royaume de Sardaigne
La biographie du destinataire de la lettre Charles-Marie-Joseph Despine illustre les zigzags politiques de la Savoie, entre France et Piémont-Sardaigne, aux XVIIIème et XIXème siècles.
Joseph Despine (parfois orthographié Despines) est né en 1792 à Annecy, alors en France, dans le fugace département du Mont-Blanc.
Après avoir obtenu son baccalauréat au lycée de Grenoble, il fait ses études à Paris à l’école Polytechnique et intègre le Corps des Mines français.
Il rentre en Savoie en 1812 pour travailler dans des mines des Alpes.
En 1815 à la chute de Napoléon, cette région retrouve son ancien propriétaire, le monarque turinois de Piémont-Sardaigne.
Joseph Despine devient, en 1825, directeur de l’École des Mines de Moûtiers, redevenue sarde. À partir de 1835, il sera inspecteur général des mines du royaume de Sardaigne.
De 1848 à sa mort, le virus politique le gagne et il est élu au suffrage censitaire représentant de la Savoie au parlement de Turin.
Son décès, en 1859, lui évite opportunément d’avoir à se prononcer sur la cession de la Savoie à la France en 1860.
➝ Pour aller plus loin, se reporter :
❧ à la page Wikipédia sur Charles-Marie-Joseph Despine,
❧ à l’histoire de l’École des Mines de Peisey-Nancroix (1802 - 1814) - Ivan Cadenne et Patrick Givelet - Revue Le Monde Alpin et Rhodanien - 1996,
❧ au site de l’Association Le Palais de la Mine de Peisey-Nancroix.
Contexte sanitaire et épidémiologique
❧ Année :
1832
❧ Pays (noms actuels) : France
❧ Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France, Savoie, Royaume de Sardaigne, Piémont-Sardaigne
❧ Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1831-1837
❧ Précautions sanitaires et techniques de purification du courrier :
incisions, chimique
❧ Lieux de purification : Le Pont-de-Beauvoisin, Ponte Belvecino
❧ Lazarets : Le Pont-de-Beauvoisin, Ponte Belvecino
Philatélie, marcophilie et informations postales
❧ Bureaux postaux (noms actuels) : Nîmes, Pont-de-Beauvoisin, Annecy, Moûtiers
❧ Bureaux postaux (noms d'époque) : Nîmes, Le Pont-de-Beauvoisin, Ponte Belvecino, Annecy, Moûtiers
❧ Tarif postal et taxes :
Lettre taxée à 18 soldi (mention manuscrite) selon le tarif de janvier 1830, 12 soldi correspondant à CF3R, 4 soldi pour le trajet sarde et 2 soldi pour la progression de poids sarde pour une lettre de 6 grammes. Le port, comme c'était l'usage, a été payé par le destinataire sarde.
❧ Timbres, marques, oblitérations et cachets :
Cachet de départ Type 12 NISMES 16 MAI 1832, marque d'échange CF3R Corriere Francese Terzo Raggio - courrier français troisième rayon déterminant le tarif et le montant rétrocédé à l'office postal français.
Contact et échanges
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