Lettre de Marseille à Gênes de 1832 purifiée à Nice sur le cordon sanitaire sarde

En avril 1832, face à la progression du choléra en France, les consuls de Nice font établir, par le gouvernement sarde de Turin, un cordon sanitaire le long du Var. Prudence étant Sainte-Mère de sureté, les édiles formulent aussi le « vœu de Nice » qui confie la ville à la protection de la Vierge.
Recto de la lettre du 10 juin 1832 avec ses marques et cachets.
Recto de la lettre du 10 juin 1832 avec ses marques et cachets.
Les 2 incisions pour la purification chimique sont mises en évidence en rouge.
Les 2 incisions pour la purification chimique sont mises en évidence en rouge.
Manifeste de la commission supérieure de santé sarde stipulant, en octobre 1831, les moyens de protection sanitaire du Piémont-Sardaigne vis à vis du choléra français.
Manifeste de la commission supérieure de santé sarde stipulant, en octobre 1831, les moyens de protection sanitaire du Piémont-Sardaigne vis à vis du choléra français.
Ce manifeste prévoyait notamment la purification du courrier : « Spurgo delle lettere e carte », littéralement purge des lettres et papiers.
Ce manifeste prévoyait notamment la purification du courrier : « Spurgo delle lettere e carte », littéralement purge des lettres et papiers.
Sceau écrit en latin du magistrat de santé de Nice au verso d'une lettre de 1847 : MAGISTRATUS SANITATIS NICAENSIS.
Sceau écrit en latin du magistrat de santé de Nice au verso d'une lettre de 1847 : MAGISTRATUS SANITATIS NICAENSIS.

Nice et Antibes : points franco-sardes de purification du courrier en cas d’épidémie

Nice purifiait, en particulier en 1832 et 1835, les courriers français entrant par voie terrestre dans le Royaume de Sardaigne.
Réciproquement, Antibes purifiait, mais ce n’est guère survenu, le courrier piémontais en cas d’épidémie transalpine.

Le courrier provenant par la voie maritime était également purifié, respectivement dans le lazaret maritime du port de Nice-Lympia et à Antibes.

Le manifeste de la commission supérieure de santé sarde, publié dès le 25 octobre 1831, définissait comment désinfecter le courrier :
Toutes les lettres et le papier ne provenant pas de régions réputées saines, devront être purifiées soit à la flamme, soit par fumigations aux gaz d’acides minéraux.
La purification à la flamme, laquelle est recommandée en cas de grave danger comme la plus sûre, sera réalisée ainsi, à la parfumerie.

Cordon sanitaire à la frontière entre France et Piémont-Sardaigne

Sur la rivière le Var qui sépare alors les deux états, un cordon sanitaire terrestre strict a été instauré, en avril 1832, par les autorités sardes.

Le franchissement du cordon sanitaire était passible de mort immédiate, avec très peu de sommations.
Ce sort funeste fut celui du jeune J.B. Vian, venu du village de Gattières coté France, qui tenta de franchir le Var pour rentrer à son domicile d’Aspremont sur la rive sarde.
Après deux ou trois cris qui lui furent fait, il fut abattu par les troupes piémontaises, selon le témoignage du maire du bourg français.

La conjonction du cordon sanitaire et du « vœu de Nice » prouva son efficacité puisque l’épidémie de choléra n’atteignit la Baie des Anges qu’en 1835.

➝ Pour aller plus loin sur le choléra à Nice, se reporter :
à la page Wikipedia sur le vœu de Nice,
à la monographie sur les épidémies et maladies contagieuses à Nice du Moyen Âge à nos jours - Archives Municipales de Nice Côte d’Azur,
à la monographie sur les moyens de lutte contre les épidémies dans les Alpes-Maritimes au XIXème siècle - Guillaume Lambert - HAL Open Science 2009.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1832

Pays (noms actuels) : France, Italie

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France, Royaume de Sardaigne, Piémont-Sardaigne

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1831-1837

Précautions sanitaires et techniques de purification du courrier :
incisions, chimique


Lieux de purification : Nice

Lazarets : Nice

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Marseille, Antibes, Nice, Gênes

Bureaux postaux (noms d'époque) : Marseille, Antibes, Nizza, Genova

Tarif postal et taxes :
Lettre taxée à 23 soldi (mention manuscrite), selon le tarif de janvier 1830, pour un poids de 8 grammes. Le port, comme c'était l'usage, a été payé par le destinataire sarde.

Timbres, marques, oblitérations et cachets :
Cachet de départ type 12 MARSEILLE 10 JUIN 1832, marque d'échange CF2R Corriere Francese secondo Raggio - courrier français deuxième rayon déterminant le tarif et le montant rétrocédé à l'office postal français, marque d'entrée NIZZA di MARE.

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay, spécialiste en lettres purifiées et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou bien envoyer un e-mail à lettres-purifiées@kelibia.eu