Lettre de Chambéry à Grenoble de 1832 durant le cordon sanitaire
Pont-de-Beauvoisin sur l’ancienne frontière de Savoie
➝ Pour en savoir plus sur la localité de Pont-de-Beauvoisin, longtemps poste-frontière entre la France et la Piémont-Sardaigne, consulter l’analyse de la lettre de 1832 de Nîmes à Moûtiers durant l’épidémie de choléra et le cordon sanitaire.
Le choléra de 1832 en France : cordon sanitaire et décès du premier ministre
La savoyarde, sujette du monarque de Turin Charles-Albert de Sardaigne, décrit dans sa lettre à son amie dauphinoise sa perception de la situation politique et sanitaire.
Je ne vous donnerai aucune nouvelle: nous formons un cordon sanitaire sur toute la frontière de France pour six jours de quarantaine, des provenances qui n’ont pas de certificat de santé d’un séjour égal dans un lieu non infesté, même mesure au Mont-Cenis car on a grand peur à Turin, c’est déjà une maladie connue à Nice.
Hier soir on a dit la mort de Casimir Perier, laisse-t-il la paix après lui ? ou la victoire d’Ancône ?
Casimir Perier, né à Grenoble en 1777, était, depuis 1831, le président du Conseil du roi des français Louis-Philippe, on dirait aujourd’hui premier ministre.
Le victoire d’Ancône, évoquée dans la lettre, désigne l’intervention en avril 1832 de la France pour contrer l’Autriche appelée par le pape pour mater les insurrections dans les Etats Pontificaux, notamment à Bologne.
Casimir Perier envoya, le 7 février 1832, le vaisseau Suffren et deux frégates avec à leur bord 1 100 hommes du 66ème régiment d’infanterie de ligne, pour se porter devant Ancône, au cœur des États du pape.
Les troupes françaises débarquèrent et occupèrent la ville, malgré les protestations de Grégoire XVI et du chancelier Metternich.
Cette action militaro-diplomatique fût la dernière de Casimir Perier.
Anticipant la pandémie de choléra qui touche la France en 1832, il donne des instructions pour le renforcement des contrôles sanitaires.
Le 6 avril 1832, il est chargé par le roi d’accompagner son fils le duc d’Orléans à l’Hôtel-Dieu, pour visiter des malades.
L’historien Nicolas Delalande évoque un héroïsme philanthropique, conforme à la morale bourgeoise de l’époque.
Avant d’entrer dans la salle, le président du Conseil fut saisi d’une sorte de pressentiment :
– Monseigneur, n’entrons pas ici.
– Monsieur, répondit le duc d’Orléans, le vin est tiré, il faut le boire.
Atteint par le choléra dès le lendemain de cette visite, Casimir Perier succombe le 16 mai 1832, en dépit des soins prodigués par les médecins les plus réputés de l’époque.
Parmi eux, le docte docteur François Broussais qui essayait de convaincre ses contemporains que le choléra n’était pas contagieux.
En 1885, la France de Pasteur, jamais à l’abri d’une contradiction, nomme un hôpital parisien Broussais en hommage à ce peu sagace médecin militaire.
➝ Pour aller plus loin, se reporter aux pages web :
❧ article Wikipedia sur Casimir Perier,
❧ article Wikipedia sur la politique extérieure de la France durant la monarchie de juillet.
Contexte sanitaire et épidémiologique
❧ Année :
1832
❧ Pays (noms actuels) : France
❧ Pays ou organisation postale (noms d'époque) : Savoie, Royaume de Sardaigne, Piémont-Sardaigne, France
❧ Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : choléra, choléra de 1831-1837
❧ Lieux de purification :
❧ Lazarets :
Philatélie, marcophilie et informations postales
❧ Bureaux postaux (noms actuels) : Chambéry, Pont-de-Beauvoisin, Grenoble
❧ Bureaux postaux (noms d'époque) : Chambéry, Le Pont-de-Beauvoisin, Ponte Belvecino, Grenoble
❧ Tarif postal et taxes :
Lettre taxée à 5 décimes (mention manuscrite barrant verticalement le milieu de la lettre), selon le tarif postal de janvier 1830, dont 2 décimes rétrocédés à l'office des postes sardes.
❧ Timbres, marques, oblitérations et cachets :
Cachet de départ CHAMBERY 29 APR, cachet d'entrée encadré ITALIE P. LE PONT B., cachet d'échange CS1R courrier sarde premier rayon déterminant le tarif et le montant rétrocédé à l'office postal sarde.
Contact et échanges
➝ Pour joindre Roland Goutay, spécialiste en lettres purifiées et marcophilie :
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