Patente de santé du consulat de Sardaigne à Tunis en 1826

Document officiel indispensable pour toute navigation commerciale, la patente de santé certifie l’absence de maladie au port de départ. Émise par le consulat de Sardaigne à Tunis, elle illustre les procédures de contrôle en Méditerranée qui n’épargnaient pas les papiers administratifs, paradoxalement purifiés alors qu’ils attestaient d’une situation saine.
Patente de santé nette n°9 émise par le consulat de Sardaigne à Tunis le 11 décembre 1826 pour le brigantin La Giuseppina.
Patente de santé nette n°9 émise par le consulat de Sardaigne à Tunis le 11 décembre 1826 pour le brigantin La Giuseppina.
Détail des traces de pinces cruciformes utilisées pour maintenir le document au-dessus de la flamme lors de sa purification.
Détail des traces de pinces cruciformes utilisées pour maintenir le document au-dessus de la flamme lors de sa purification.
Le palais du Bey au Bardo, centre du pouvoir à Tunis (source Leaders).
Le palais du Bey au Bardo, centre du pouvoir à Tunis (source Leaders).
Type de brigantin utilisé pour le commerce du savon en vrac au dix-neuvième siècle (source ActuNautique).
Type de brigantin utilisé pour le commerce du savon en vrac au dix-neuvième siècle (source ActuNautique).

La patente de santé un passeport contre l’épidémie

Au XIXème siècle, aucun navire ne pouvait accoster sans présenter une patente de santé. Ce document classait le risque sanitaire en trois catégories : nette, suspecte ou brute.
Dans ce cas précis, le Consul Giovannetti atteste que la santé publique à Tunis est parfaite et exempte de toute contagion.

Lors du XIXème siècle, la Tunisie a été ravagée à de multiples reprises par les épidémies. Décembre 1826 correspond donc soit une rare période d"accalmie, soit à un désiir du consul sarde de faciliter le commerce.

Malgré cette mention de patente nette, le document lui-même a subi une désinfection préventive.
Des traces claires d’une pince cruciforme, typique des services de santé des états sardes ou napolitains, sont visibles. Cette pince permettait de maintenir le papier au-dessus d’une flamme pour le purifier sans le brûler.

Du port de Tunis aux côtes de la Sardaigne

Le brigantin La Giuseppina, commandé par le capitaine Giuseppe Garbagna, s’apprêtait à quitter Tunis pour Sfax, avant de rejoindre Villefranche-sur-Mer, avec un chargement de savon. Pas vraiment un trajet en ligne droite !
Le courrier et les documents de bord étaient suivis à chaque escale, comme à Cagliari ou Naples et pouvaient donner lieu à une nouvelle mise en quarantaine.

Cette pièce est un témoignage rare en marcophilie car elle illustre une technique de purification différente des habituelles incisions pour le vinaigre. L’histoire de la poste sanitaire englobe aussi ces documents administratifs indispensables au commerce maritime.

➝ Pour aller plus loin sur le contexte diplomatique, consulter l’article de Leaders sur la Tunisie et la rivalité entre les puissances au XIXème siècle.
➝ Pour découvrir les caractéristiques techniques de ce type de voilier, consulter l’article du site ActuNautique sur le brigantin, deux-mâts à voiles carrées.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1826

Pays (noms actuels) : Tunisie, Italie, France

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : Tunisie, Empire ottoman, Royaume de Sardaigne, Piémont-Sardaigne, Royaume des Deux-Siciles

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : peste

Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
flamme, patente de santé, correspondance


Lieux de purification des lettres : Cagliari, Naples

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Tunis, Sfax, Cagliari, Naples, Villefranche-sur-Mer

Bureaux postaux (noms d'époque) : Tunis, Sfax, Cagliari, Naples, Villefranche

Tarif postal et taxes :
Ce document administratif consulaire n'a pas été taxé par la poste.

Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Le document porte le sceau du consulat de Sardaigne à Tunis ainsi que des signatures manuscrites.

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay spécialiste en lettres purifiées, philatélie et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou écrire à lettres@kelibia.eu