Rare lettre d'un marin en Martinique purifiée à Rochefort

Transportée par des bâtiments de la Marine Royale, cette correspondance illustre les circuits militaires et sanitaires du courrier colonial au début du dix-neuvième siècle.
Zoom sur la partie centrale de la lettre du 2 juin 1820, expédiée à Saint-Pierre de la Martinique, purifiée au vinaigre à Rochefort avec une entaille unique de 50 mm avant de partir vers Brest.
Zoom sur la partie centrale de la lettre du 2 juin 1820, expédiée à Saint-Pierre de la Martinique, purifiée au vinaigre à Rochefort avec une entaille unique de 50 mm avant de partir vers Brest.
Vue complète de la lettre. L'incision de purification est orientée nord-ouest sud-est dans la partie centrale entre le mot Monsieur et le mot Brest.
Vue complète de la lettre. L'incision de purification est orientée nord-ouest sud-est dans la partie centrale entre le mot Monsieur et le mot Brest.
Plan de la ville de Rochefort établi par Garnier en 1838 (source Gallica).
Plan de la ville de Rochefort établi par Garnier en 1838 (source Gallica).
Ordonnance n°3068 du roi Louis XVIII déterminant le siège et le ressort des intendances sanitaires sur le littoral des deux mers.
Ordonnance n°3068 du roi Louis XVIII déterminant le siège et le ressort des intendances sanitaires sur le littoral des deux mers.
Extrait de l’ordonnance n°3068 précisant les commissions sanitaires dépendant de l’intendance de La Rochelle dont Rochefort.
Extrait de l’ordonnance n°3068 précisant les commissions sanitaires dépendant de l’intendance de La Rochelle dont Rochefort.

Une correspondance militaire au long cours

La lettre est rédigée à Saint-Pierre de la Martinique le 2 juin 1820 par un officier de marine embarqué sur la frégate La Gloire, commandée par le contre-amiral Duperré.

L’auteur précise le routage de son pli : tu recevras ma lettre par mon ancien bâtiment La Loire, témoignant de l’usage fréquent des navires militaires pour le transport du courrier.

Il détaille également sa croisière militaire récente : Saint-Pierre, Porto Rico, Saint-Jean de la Guadeloupe, Saint-Thomas, où l’équipage est reçu par les Danois, puis la Barbade, avec un accueil des autorités britanniques.
Cette navigation illustre la mobilité constante des forces navales françaises dans les Antilles et l’Atlantique au lendemain des guerres napoléoniennes.

Rochefort un rôle sanitaire rare mais attesté

La lettre a été purifiée au vinaigre à Rochefort, avant d’être dirigée vers Brest car la fièvre jaune était endémique dans les Antilles.

Rochefort figure officiellement dans l’ordonnance du 7 juillet 1824 comme commission sanitaire dépendant de l’Intendance de La Rochelle.
Les lettres purifiées dans ce port charentais sont exceptionnelles. On ne connait que deux spécimens, ce courrier et un pli de 1821 cité par Guy Dutau dans son ouvrage de référence sur la marcophilie des lettres purifiées.
Ces documents confirment le rôle ponctuel mais réel de Rochefort dans le dispositif sanitaire maritime français, en particulier militaire.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1820

Pays (noms actuels) : Martinique, France

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : Martinique, France

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : fièvre jaune

Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
incisions, vinaigre


Lieux de purification des lettres : Rochefort

Lazarets : Rochefort

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Saint-Pierre de la Martinique, Rochefort, Brest

Bureaux postaux (noms d'époque) : Saint-Pierre de la Martinique, Rochefort, Brest

Tarif postal et taxes :
Lettre taxée 7 décimes selon le tarif du 24 avril 1806 pour une lettre de 6 grammes parcourant une distance de 400 à 500 km.

Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Cachet linéaire 16 ROCHEFORT.

Contact et échanges

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