Lettre de l'Union purifiée au vinaigre à La Flotte

Au-delà de son commerce de vins et de sel, l’île de Ré constituait un havre sanitaire pour les navires après une rude traversée de l’Atlantique. Le port de La Flotte-en-Ré y purifiait les missives suspectes venues d’Amérique.
Lettre partie le 22 novembre 1816 de l’habitation l'Union près de Sainte-Marie-de-la-Martinique pour Castillonès (Lot-et-Garonne). À l'époque, les bureaux de poste les plus proches sont respectivement Fort-de-France et Bergerac (spécifié sur la lettre). Expéditeur et destinataire devaient utiliser leurs propres moyens pour amener et récupérer leur courrier dans ces bureaux.
Lettre partie le 22 novembre 1816 de l’habitation l’Union près de Sainte-Marie-de-la-Martinique pour Castillonès (Lot-et-Garonne). À l’époque, les bureaux de poste les plus proches sont respectivement Fort-de-France et Bergerac (spécifié sur la lettre). Expéditeur et destinataire devaient utiliser leurs propres moyens pour amener et récupérer leur courrier dans ces bureaux.
La commission sanitaire de La Flotte-en-Ré a réalisé deux entailles rehaussées en rouge, puis purifié au vinaigre ce pli.
La commission sanitaire de La Flotte-en-Ré a réalisé deux entailles rehaussées en rouge, puis purifié au vinaigre ce pli.
Carte de l’île de Ré au 18ème siècle. La Flotte-en-Ré est située sur la côte sud-est, face au continent à l'abri des vents dominants, entre Saint Martin de Ré et Sainte Marie de Ré.
Carte de l’île de Ré au 18ème siècle. La Flotte-en-Ré est située sur la côte sud-est, face au continent à l’abri des vents dominants, entre Saint Martin de Ré et Sainte Marie de Ré.

La Flotte port atlantique discret mais bien connecté

Situé au nord-est de l’île de Ré, le port de La Flotte était apprécié des navires en provenance des Antilles qui y trouvaient un abri naturel contre les vents d’ouest.

Dès le Moyen Âge, La Flotte-en-Ré participe activement aux échanges atlantiques.
Agrandi vers 1760, ce port est dédié au commerce colonial avec les Antilles.
Sans être essentiel dans la traite négrière, La Flotte-en-Ré s’inscrit dans l’économie du commerce triangulaire par ses liens étroits avec La Rochelle.
On y exporte, vers les Antilles, vins, eaux-de-vie et sel charentais et on reçoit en retour sucre, café, indigo et bois issus des colonies esclavagistes.

Ce rôle commercial explique le passage et la désinfection du courrier antillais par ce port de l’île de Ré.

Reconstitution graphique du port de La Flotte en Ré à la fin du 18ème siècle (image produite par Didier Lebouc, d'après une gravure d'époque de Lomet)
Reconstitution graphique du port de La Flotte en Ré à la fin du 18ème siècle (image produite par Didier Lebouc, d’après une gravure d’époque de Lomet).

➝ Pour en savoir plus, consulter la page sur l’histoire du port de La Flotte dans le média Ré à la Hune.

L’union coloniale

Cette lettre est écrite en 1816, depuis « l’Habitation de l’Union » à proximité de Sainte-Marie-de-la-Martinique, par Louise Françoise Littée de Thoumazeau.
Née en 1738, elle envoie, peu avant son décès, cette missive à un de ses neveux en France.
De multiples sujets sont évoqués, notamment les ravages de la fièvre jaune dans la haute société martiniquaise.

Cette femme fait partie d’une famille de colons français, majoritairement nobles et à la généalogie complexe, arrivée dans les Antilles au XVIIème siècle.
Cette famille a maintenu deux ancrages simultanés : la Martinique et son fief de Castillonès près de Bergerac en Dordogne.

Reconstitution graphique de Louise Françoise Littée de Thoumazeau devant l'habitation de l'Union (image originale produite par Didier Lebouc, d'après photo de la bâtisse coloniale avant sa destruction publiée dans POP)
Reconstitution graphique de Louise Françoise Littée de Thoumazeau devant l’habitation de l’Union (image originale produite par Didier Lebouc, d’après photo de la bâtisse coloniale avant sa destruction publiée dans POP).

La plantation familiale, appelée aussi habitation, a été nommée « Union » pour marquer le regroupement des intérêts de deux grandes familles coloniales martiniquaises grâce au mariage de Françoise Littée avec François des Cours de Thomaseau.

➝ Pour aller plus loin, se référer à :
la généalogie coloniale complexe de Louis Françoise Littée de Thoumazeau reconstituée par Patrick-François Davet sur Généanet,
un aperçu de l’Habitation de l’Union en 2006, peu avant sa destruction, sur la base POP Plateforme Ouverte du Patrimoine,
l’article Maisons de maître et habitations coloniales dans les anciens territoires français de l’Amérique tropicale, Christophe Charlery, In Situ revue des patrimoines, 2004.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1816

Pays (noms actuels) : Martinique, France

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : Martinique, France

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : fièvre jaune

Techniques de purification des lettres et précautions sanitaires utilisées :
incisions, vinaigre


Lieux de purification des lettres : La Flotte-en-Ré

Lazarets ou lieux de quarantaine : La Flotte-en-Ré

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Sainte-Marie-de-la-Martinique, Fort-de-France, La Flotte, Bergerac, Castillonnès

Bureaux postaux (noms d'époque) : Fort-de-France, La Flotte-en-Ré, Bergerac

Tarif postal et taxes :
Lettre taxée à 5 décimes (grande mention manuscrit barrant toute la lettre), selon le tarif postal du 24 avril 1806 : 1 décime de mer et 4 décimes de La Flotte à Bergerac.

Timbres, marques, oblitérations et cachets postaux :
Marque linéaire MARTINIQUE, marque linéaire 16 LA FLOTTE et marque ovale COLONIES PAR LA FLOTTE.

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay spécialiste en lettres purifiées, philatélie et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou écrire à lettres@kelibia.eu
Toute prise de contact est, par avance, bienvenue : suggestion d'une précision, proposition de correction, souhait d'informations complémentaires, proposition d'échanges...