Lettre des intendants de santé de Martigues à ceux de Marseille en 1813 après la prise de Cassis par les anglais

Le blocus anglais des côtes françaises, en vigueur depuis 1804, se traduisit notamment par de sérieuses incursions de la marine britannique autour de Marseille en 1813.
Recto de cette lettre adressée aux conservateurs de la santé publique à Marseille.
Recto de cette lettre adressée aux conservateurs de la santé publique à Marseille.
Contenu de la lettre signée des conservateurs de la santé publique de Martigues le 8 octobre 1813, signée Blanc, Vidal et Gautier.
Contenu de la lettre signée des conservateurs de la santé publique de Martigues le 8 octobre 1813, signée Blanc, Vidal et Gautier.
Carte des étangs de Berre de Martigue et environs par Bellin en 1764 (source Gallica).
Carte des étangs de Berre de Martigue et environs par Bellin en 1764 (source Gallica).
Carte dite de Cassini, vers 1797, Martigues est au nord-ouest de la carte entourée de rouge, Cassis au sud-est entouré de bleu (sources : Wikipedia, Gallica, Géoportail, David Rumsey, Library of Congress).
Carte dite de Cassini, vers 1797, Martigues est au nord-ouest de la carte entourée de rouge, Cassis au sud-est entouré de bleu (sources : Wikipedia, Gallica, Géoportail, David Rumsey, Library of Congress).

Cassis prise par les anglois 20 ans après Toulon

Le 3 août 1813, les anglais débarquent, aux environs de Cassis, à l’Arène et à la Cacaù. Ils jettent les 5 canons à la mer, s’emparent de la batterie des Lombards et enclouent ses canons.

Le 18 août, un second débarquement permet de circonvenir d’autres batteries et de prendre le château de Cassis.
Les troupes britanniques capturent simultanément une trentaine de bateaux et autant de prisonniers. Histoire de marquer le coup, quelques bâtiments sont incendiés.

➝ Pour en savoir plus sur cette défaite peu connue et peu glorieuse de Napoléon, consulter cette page web très fouillée et illustrée consacrée aux batteries d’artillerie des calanques autour de Cassis.

La surveillance côtière tâche additionnelle des gardes de santé en temps de guerre

Dans ce contexte militaire difficile, vigies et gardes de santé étaient particulièrement en alerte durant l’été et l’automne 1813, signalant le moindre mouvement maritime suspect.

Cette correspondance, non purifiée, entre administrateurs de santé de Martigues et de Marseille illustre bien le renseignement militaire recueilli par l’administration sanitaire, activité cruciale depuis la prise de Cassis :
Messieurs,
Nous croyons pouvoir vous assurer aujourd’hui du départ de l’escadre anglaise.
Ils nous ont auparavant fait l’envoi d’un radeau qui a été trouvé hier près de la calanque de Ponteau portant quatre flacons renfermant comme à l’ordinaire des imprimés auxquels nous avons fait les mêmes opérations qu’au précédent envoi, ainsi que nous avons eu l’honneur de vous en faire détail par nos précédentes lettres.
Nous avons l’honneur de vous saluer


Le départ des navires britanniques était un soulagement sanitaire autant que militaire. En effet les marins étaient susceptibles d’avoir rencontreé des corsaires vecteurs de peste.

➝ Pour aller plus loin sur cette surveillance militaro-sanitaire, se reporter à la correspondance de 1810 à 1816 du garde de santé Giot de Arles, non loin de Martigues.

Contexte sanitaire et épidémiologique

Année : 1813

Pays (noms actuels) : France

Pays ou organisation postale (noms d'époque) : France

Épidémies et pandémies en cours ou suspectées : peste


Lieux de purification :

Lazarets :

Philatélie, marcophilie et informations postales

Bureaux postaux (noms actuels) : Martigues, Marseille

Bureaux postaux (noms d'époque) : Le Martigue, Marseille

Tarif postal et taxes :
Lettre taxée à 3 décimes, selon la loi du 9 avril 1810, pour une lettre de moins de 8 grammes parcourant moins de 50 km.

Timbres, marques, oblitérations et cachets :
Cachet linéaire 12 LE MARTIGUE.

Contact et échanges

➝ Pour joindre Roland Goutay, spécialiste en lettres purifiées et marcophilie :
utiliser le formulaire de contact ou bien envoyer un e-mail à lettres-purifiées@kelibia.eu